La Geekette

Projet de journalisme écrit

Ce trimestre-ci, j’ai dû réalisé un projet dans le cadre de mon cours de « Journalisme écrit » à l’ULB. Nous devions rédiger un article (avec des contraintes en termes de nombre de caractères et autres propres au journalisme de presse écrite). Le thème était : un portait d’artisan. On devait donc trouver un artisan qui ne vivait que de son art et, l’interviewer afin de rédiger un beau portrait (requérant des exigences propres à ce genre d’article également).

Mon choix s’est porté sur la propriétaire d’une ferme qui produit du lait de jument près du charmant village de Lavaux-Sainte-Anne (dans ma région). Pourquoi ? Car ma passion première (si vous ne le saviez pas encore) est le monde du cheval dans son ensemble, n’en ayant plus, ça m’a permis d’en côtoyer pendant un petit moment, et ça m’a fait du bien ! Ensuite, c’est vraiment tout près de chez moi !
Étant donné que j’ai eu un beau résultat et des critiques encourageantes, je choisis de vous le faire partager :smile:

Une laiterie chevaline

au cœur de la Famenne !

C’est le charme d’une petite ferme des environs de Lavaux-Ste-Anne qui a poussé Chris De Cooman à changer de vie. Cette ancienne citadine et ex-directrice commerciale est devenue, en peu de temps, campagnarde et productrice de lait de jument.

En 1997, Chris De Cooman et son mari s’installent dans une ferme isolée de la région du Val de Lesse : la Ferme de la Comogne, située dans un cadre verdoyant, au milieu des champs. C’est avant tout le hasard qui les a conduits jusque là, mais aussi un énorme coup de cœur pour l’endroit !
Peu de temps après, Chris perd son emploi. Le couple décide alors de développer une activité susceptible de rentabiliser leur acquisition. Ils envisagent différents élevages : lapins, autruches, cerfs, poules…  C’est le secteur du cheval qui retient finalement leur attention. En effet, enfant, Chris était cavalière. Elle connaissait donc assez bien le milieu pour se lancer dans une activité liée au cheval. Ils ont cependant vite constaté que le seul élevage équin ne leur suffirait pas pour vivre décemment. Chris et son mari se sont alors intéressés à la production de lait de jument. Pour cela, ils ont contacté des fermes en Hollande et en Allemagne. Ils se sont rendus sur place et y ont recueilli toutes les informations nécessaires. Conscients des nombreux inconvénients que ce travail comportait, ils se lancent malgré tout dans l’aventure !
Ils adoptent très vite les procédés de l’agriculture biologique. Les chevaux reçoivent des aliments – sans additifs chimiques – récoltés à la ferme. Ils sont essentiellement soignés par homéopathie selon des recettes produites sur place. La ferme tend également à une certaine autarcie : plantes, tisanes, légumes et confitures.

Du travail en perspective !

Les périodes de traite s’organisent en fonction des naissances (mars – avril). La traite débute fin mai, deux mois après la naissance du poulain. Pendant une période de l’année, la ferme ne dispose donc pas de lait frais mais de lait surgelé. Cette saison est plus difficile à gérer financièrement.

La traite s’effectue 3 à 5 fois par jour, toutes les deux heures et demie. Il faut compter plus ou moins deux heures par traite (pour toutes les juments). Ces variations dépendent du besoin en lait et des poulains dont ils disposent. Plus il y a de lait, plus il sera nécessaire de le conditionner et cela nécessitera davantage d’espace de stockage. La production s’arrête lorsque la chambre froide est pleine.

Au début, Chris De Cooman ne produisait que du lait à consommer tel quel. Par après, elle a développé des savons et cosmétiques (gel douche, crème pour les mains, shampoing, etc.) fabriqués par un laboratoire selon des dosages bien précis.  «Au départ je croyais que la production était plus difficile que la vente, maintenant je me rends compte que c’est l’inverse !» Les produits cosmétiques sont également en vente chez Di, où la concurrence est rude.

Le packaging exige aussi beaucoup de temps et d’argent ! Chris fournit les projets d’emballages à une agence de publicité qui travaille à façon. Ensuite, il s’agit de trouver un fabriquant de boites. Les commandes sont passées par 50 000 unités, ce qui représente un sérieux investissement.

Des visites sont également organisées tous les jours. Cela implique une disponibilité permanente de la part du couple. Il faut être partout tout le temps ! Chris explique : «Ce qui est difficile c’est qu’il faut tout faire ! Non seulement il faut traire les juments, les élever, les soigner, les nourrir, entretenir et nettoyer les dépendances, mais aussi inventer le produit, créer l’emballage et essayer de trouver des clients.»

La Ferme de la Comogne emploie jusqu’à quatre personnes selon la saison.

Le lait de jument coûte dix fois plus cher que le lait de vache (10€/litre). Mais, ses vertus sont multiples : très bon en cas de traitement du cancer et favorable à la croissance des enfants, par exemple.

Le bonheur du cheval avant tout !

Chris est très soucieuse du bien-être de ses chevaux ainsi que de la psychologie de chacun. Elle privilégie le plus possible la vie en troupeau au pré et la stabulation pendant l’hiver. «On essaye de changer les juments de prairie, par deux ou selon leurs affinités.» Elle explique qu’une nouvelle venue peut perturber le groupe. De plus, «on ne sait pas à l’avance si elle va se laisser traire.» Une jument sur deux ne tolère pas la traite et n’est donc pas rentable. «Dans une ferme si ce n’est pas rentable ça ne doit pas rester. On doit alors la revendre.» Chris a gardé toutes ses pouliches l’année dernière, afin d’assurer la relève. C’est difficile pour elle de combiner l’économique et le sentimental mais «en général, c’est votre portefeuille qui vous rappelle à l’ordre.»
Chris doit parfois faire face aux réactions de gens de l’extérieur qui «ignorent souvent que leur propre bonheur ne suffit pas à celui du cheval.»

Chris De Cooman a de nombreuses autres passions comme la patine de meubles anciens qu’elle pratique lorsqu’elle trouve du temps libre, les livres, les brocantes…
Elle gagne actuellement dix fois moins pour un travail dix fois plus éprouvant qu’auparavant. Au début, son entourage a d’ailleurs mal réagi : «Pourquoi quitter un travail sécurisé pour se lancer dans une aventure où on ne sait pas où on va ?» Mais comme elle le dit elle-même : «De temps en temps il faut suivre ses rêves …»

7Photo : zone humide près du Château de Lavaux-Sainte-Anne

Si vous voulez en savoir plus : le site de la Ferme de la Comogne !

Personnellement, j’utilise un de leurs savons pour me laver et j’adore ! :wink:

La Geekette





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9 commentaires sur Projet de journalisme écrit

  1. retrogaming
    7 mai 2009 à 21 h 23 min

    Intéressant comme article, bon choix de sujet, mais est-elle vraiment un artisan? Si ses produits sont éco, elle devrait les vendre dans les boutiques spécialisées. Par chez moi ca marche bien.

    (ce « par après » en milieu d’article c’est une faute ou une dérive vernaculaire ?)

    :oops: Trop forts ces smileys !

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  2. La Geekette
    7 mai 2009 à 21 h 35 min

    @retrogaming: Je pense bien que c’est un belgicisme en effet ;-)
    Oui c’est bien une activité artisanale, et elle en vit qui plus est. Sinon, merci :smile:

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  3. Ta cocotte!
    8 mai 2009 à 9 h 39 min

    Très bel article, ma Shanna!
    Ça me donne envie de tester les produits ;-)

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  4. Ta cocotte!
    8 mai 2009 à 9 h 41 min

    Je viens d’aller sur le site! Ben , m**** alors! J’y suis déjà allée!!! :D

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  5. lowett
    8 mai 2009 à 17 h 33 min

    J’avoue… je n’ai pas eu le courage de tout lire !
    C’est bien que tu oses publier tes travaux sur ton blog. Moi je n’ose pas, parce que j’adopte toujours un ton ultra-pompeux pour les travaux à l’unif et je déteste ce ton là ^^

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  6. crevette
    8 mai 2009 à 18 h 27 min

    bel article, ça a du touché la madame :)
    jolie rêve réalisé.
    bisous

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  7. La Geekette
    8 mai 2009 à 19 h 22 min

    @Ta cocotte!: Hihi merci ! :smile: Oui les produits sont vraiment sympa !

    @lowett: J’avoue que c’est ma première fois, puis c’est aussi parce que quelques personnes voulaient le voir ^^ Bon, maintenant c’était peut-être aussi la seule fois que je le faissais, on verra :cool:

    @crevette: Merci ! Oui, elle était contente de mon petit article =)

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  8. Lucas
    11 mai 2009 à 18 h 06 min

    Aaaaa, ça fait plaisir de lire une blogueuse qui s’intéresse à autre chose qu’aux petits lapins électriques et à ses produits de beauté et autres cadeaux marketing.

    Je parie qu’on t’a parlé de l’écriture communicationnelle, de la règle des morts/kilomètres et de l’entonnoir renversé :) !

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  9. SpaCitron
    12 mai 2009 à 16 h 06 min

    A l’époque j’avais pris un chocolatier :p L’alchimie du Chocolat :)

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